Legendi tempus

21 juillet 2013

Armel JOB, Le bon coupable (2013)

Armel Job - Le bon coupable

Le dernier roman de l’auteur luxembourgeois Armel Job et non des moindres !

Un livre sur la culpabililité.

Un énorme coup de <3.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’auteur en parlera mieux que moi :

http://www.tvlux.be/video/armel-job-le-bon-coupable-_12066.html

Et aussi :

http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20130301_00275472

 

 

 

 

Armel JOB, Le bon coupable, Paris, Robert Laffont, 2013.

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28 octobre 2012

Laurent GAUDE, Pour seul cortège (2012)

Pour seul cortègeC’est un des livres de la rentrée ! C’est un roman de Laurent Gaudé ! L’œuvre évoque Alexandre le Grand ! Voilà trois bonnes raisons pour se précipiter sur cet ouvrage.

La première est commerciale peut-être mais il est bon de se tenir au fait de l’actualité littéraire, la deuxième évoque le plaisir que j’ai déjà eu à lire « La mort du roi Tsongor », et la troisième rejoint l’une de mes passions : la Grèce hellénistique.

En mourant, Alexandre le Grand confia à Perdiccas l’anneau royal dont le sceau authentifie les actes de souveraineté et leur donne force obligatoire. Diodore ajoute qu’alors que ses amis lui demandaient à qui il léguait la royauté, il répondit au plus fort.  Il s’agit probablement d’un mot inventé après coup mais il résume ce qui sera le mobile fondamental de la politique des diadoques : être le plus fort !

A côté des enjeux politiques, une femme, une princesse perse, Dryptéis accompagne la dépouille de celui qui a vaincu son père.

Poussé par le souffle de l’histoire et de l’épopée, ce livre prépare une belle réflexion sur le pouvoir et l’inanité de la vie.

 

 

On peut écouter une intéressante interview de Laurent Gaudé lors de la promotion de son livre : http://www.youtube.com/watch?v=-213OKG6z7w

et aussi : http://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature/pour-seul-cortege; http://www.lefigaro.fr/livres/2012/09/26/03005-20120926ARTFIG00687--pour-seul-cortege-de-laurent-gaude.php

 

 

 

Laurent GAUDE, Pour seul cortège, Arles, Actes Sud, 2012

23 septembre 2012

Elisabeth BADINTER, Le Conflit. La femme et la mère (2010)

 

Le Conflit

Il y a trente ans, dans un livre qui fit à l’époque (1980) parler de lui, L’Amour en plus. Histoire de l’amour maternel (XVIIIe-XXe siècle), Elisabeth Badinter s’interrogeait sur l’instinct maternel. Son étude était à la fois historique et sociale.

Dans son dernier ouvrage, paru en 2010, Le Conflit, la femme et la mère, elle tente de mesurer l’évolution qui s’est faite, de manière toute silencieuse, ces dernières années. Avant les années septante, l’enfant était la conséquence naturelle du mariage ; cependant aujourd’hui l’ambivalence maternelle apparait plus clairement et le désir d’enfant n’est ni constant ni universel. Les femmes osent parler et clamer l’ennui qu’elles peuvent ressentir dans leur maternité car il implique un choix de vie et un changement radical des priorités. Et, ce qui me semble certain, c’est que la maternité aggrave l’inégalité au sein d’un couple. L’idéologie féministe, la contraception ont changé la donne et on voit de plus en plus des femmes de la trentaine se sentir pressées par l’horloge biologique, la peur de se fermer la possibilité d’être mère et considérer que l’enfant peut être un enrichissement à une vie professionnelle dont elles ont déjà fait le tour.

Dans la deuxième partie, Elisabeth Badinter met le doigt sur ce qu’elle appelle « les vents contraires », c'est-à-dire l’ensemble des pressions qui s’exercent sur les femmes pour se conformer au modèle de la « bonne mère ». C’est une guerre souterraine que se livrent les naturalistes et les culturalistes et tous ceux qui veulent le « bien » de l’enfant. Nous assistons à un véritable retour à la nature et la bonne mère doit être écologique : la tendance actuelle va donc à l’allaitement maternel et à la demande, et la science redécouvre la théorie de l’instinct maternel, culpabilisant ainsi les femmes obligées de retourner travailler après l’accouchement. A l’époque de Rousseau, au XVIIIe siècle, les médecins tentaient de convaincre les mères de s’occuper de leurs enfants pour limiter la mortalité infantile, aujourd’hui, c’est la santé physique et psychique de l’enfant, déterminante pour leur bien-être d’adulte et l’harmonie sociale qui est avancée.  Sous le prétexte que la femme devient mère, elle doit tout à son enfant ! L’imperium du bébé peut aussi menacer le couple…

Dans la troisième et dernière partie, l’auteur évoque la diversité des aspirations féminines et la recherche d’une nouvelle féminité. Elle évoque le cas des Françaises.

Le sujet me passionne depuis toujours. Car moi aussi, j’ai ressenti cette ambivalence dans le fait d’être mère. Même si je ne suis pas toujours en harmonie avec les positions très radicales d’Elisabeth Badinter, j’ai le sentiment qu’elle tend à ma vérité. Ce livre intelligent a le mérite de faire le point sur la question et de susciter la réflexion !

 

 

 

 

Elisabeth BADINTER, Le Conflit. La femme et la mère, Paris, Flammarion, 2010  (paru en 2011 dans « Le Livre de Poche », n° 32062)

 

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12 août 2012

Pieter ASPE, Les masques de la nuit (1997)

Les masques de la nuit

Pour ce troisième volet, notre commissaire Van In fait régime et sera bientôt papa !  Son épouse Hannelore est tentée par la cigarette et Versavel a des problèmes de couple. C’est à ce moment qu’une petite fille, en jouant dans le jardin de la fermette que ses parents viennent de racheter, déterre le squelette d’une femme ! Un moment sans prise de tête, facile, accompagné d’une duvel et de frites !

 

 

 

 

Pieter ASPE, Les masques de la nuit (Le Livre de Poche 31998), Paris, Albin Michel, 2009 pour la traduction française)

 

 

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05 août 2012

Janine DECANT, Louis II de Bavière. Le Roi bâtisseur de rêves (2012)

 

Louis II de Bavière

C’est à une totale réhabilitation du mal-aimé roi Louis II de Bavière que se livre Janine Decant dont c’est apparemment le premier ouvrage. L’auteur est prudente : elle ne fait suivre son titre ni de la mention « biographie » ni de celle de « roman ». En effet, il faut plus justement parler de reconstitution historique.  Chaque chapitre commence par une reconstitution des heures qui se sont écoulées entre le 9 juin et le 13 juin 1886, entre la révélation du complot, la destitution et la mort énigmatique du Roi. Suivent ensuite les pensées du Roi de 1864 à 1886,  reconstituées au travers de lettres des protagonistes de l’époque, citées par Jean des Cars, Marianne Wörzag-Parizot,  Elisabeth Fontaine-Bachelier et Egon César Comte Corti. C’est dire qu’il s’agit d’un travail de seconde main qui s’appuie sur les recherches antérieures mais se veut une tentative de l’auteur de se mettre dans la peau de Louis II de Bavière et de cerner ses rêves et ses idées au travers de ses lectures, de ses amitiés, de ses lectures et de l’œuvre de Richard Wagner (dont Louis II fut le mécène) pour en dresser un portrait qui s’avère finalement très réaliste, humain et extrêmement plausible. Il est touchant de pouvoir, par l’intermédiaire de Madame Decant, entrer dans la peau du Roi, tenter de comprendre sa sensibilité à fleur de peau, ses idéaux, ses rêves. 

 

Qui était donc le roi Louis II de Bavière ?

C’est en 1864, à l’âge de dix-huit ans, que Louis devient roi. Il est jeune, intelligent, beau et est acclamé par tout son peuple. Il succède à son père Maximilien et les rapports familiaux avec sa mère, qu’il admire pourtant, semblent difficiles. Il a assisté trois ans auparavant aux représentations de Lohengrin et de Tannhaüser, deux des premiers opéras de Richard Wagner, et rencontre le Maître, l’Ami, l’Unique pour la première fois, le 4 mai 1864. A dater de ce jour, il restera fidèle au compositeur et lui permettra de construire son œuvre et la ville-temple qui l’abritera : Bayreuth.

A côté de la passion pour la musique, Louis II a la passion de la construction. Dans les magnifiques châteaux qu’il fait édifier dans les plus beaux endroits de sa chère Bavière, sont présentés de manière récurrente ses thèmes les plus chers : les opéras de Richard Wagner, le Moyen Age, le XVIIe siècle français à la cour de Louis XIV à Versailles. Ces constructions magiques ont couté des fortunes, ce qui fut probablement une des causes de sa destitution. Il faut citer les châteaux de Linderhof (son préféré), Neuschwanstein et ceux qu’il a fait transformer ou aménager et où il a vécu : Nymphenburg (où il est né), la Residenz à Munich, Hohenschwangau,… Depuis 1871, le pouvoir véritable se trouvait à Berlin, entre les mains du chancelier Bismarck. Louis II avait de moins en moins de pouvoir et s’est réfugié dans ses rêves de grandeur. Il a légué à la Bavière actuelle un formidable trésor qui lui permet de vivre et de profiter du tourisme ! Et pourtant, en visitant Neuschwanstein cet été, je ne cessai de me dire que Louis II, le roi solitaire, n’aurait pas supporté cette foule dans son château préféré.

Si on évoque Louis II, c’est aussi le mot « solitude » qui vient à l’esprit. Tout en s’intéressant au travail des plus humbles, des artisans, et en leur parlant de leur vie et de leurs préoccupations, il devint de plus en plus méfiant de son entourage et se réfugia dans la solitude et sans ses rêves. Il vivait la nuit, ne s’endormant qu’à l’aube jusqu’à midi ou plus. Il avait de moins en moins confiance en ses domestiques (avec lesquels parfois les rapports étaient difficiles car, pour éprouver leur fidélité, le Roi les testait en leur imposant des ordres parfois extravagants ou inhabituels) et en ses ministres.

Quant à sa mort restée énigmatique et mystérieuse, l’auteur, tout en nous livrant les différentes versions possibles, de l’officielle aux variantes, penche pour celle de l’assassinat par balles du Roi et de son médecin Gudden.

La conclusion s’impose : Louis II de Bavière ne voulait pas mourir, simplement vivre en accord avec ses rêves, si extravagants fussent-ils aux yeux de ses contemporains.

 

Vous fûtes un poète, un soldat, le seul Roi

De ce siècle où les rois se font si peu de choses,

Et le Martyr de la Raison selon la Foi.[1]

 

 

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Louis II

 

Janine DECANT, Louis II de Bavière. Le Roi bâtisseur de rêves, Paris, Granger, 2012, 444 p.

 



[1] Paul VERLAINE, Sonnets, A Louis II de Bavière (passim)

 

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08 avril 2012

Dai SIJIE, Balzac et la Petite Tailleuse chinoise (2000)

Balzac et la Petite Tailleuse chinoise

 

 -Elle est partie, lui dis-je.

-Elle veut aller dans une grande ville, me dit-il. Elle m’a parlé de Balzac.

-Et alors ?

-Elle m’a dit que Balzac lui a fait comprendre une chose : la beauté d’une femme est un trésor qui n’a pas de prix.

 

Le roman se déroule en Chine, à l’époque de la révolution culturelle initiée par Mao Zedong, le Grand Timonier. Deux jeunes amis de la ville, considérés comme intellectuels (car fils de famille de médecins) et ennemis du peuple, d’environ dix-huit ans, sont envoyés en rééducation dans un village de montagne du Phénix du ciel, avec « trois chances sur mille » d’en réchapper un jour. Ils se connaissent depuis l’enfance et ne se sont jamais disputés.

La vie dans la montagne est très difficile pour eux. Ils doivent effectuer des tâches pénibles, travailler dans des mines ou labourer des rizières sous un soleil brûlant mais cela ne leur empêche pas de s’illustrer par leurs talents de conteurs.

Un jour, les deux amis font la rencontre d’une jolie fille montagnarde sans aucune culture, surnommée « la petite tailleuse ». Très vite, ils en tombent  amoureux, mais le narrateur voue une telle loyauté à son ami Luo qu’il gardera pour lui le secret de leur amour.  Les deux garçons rencontrent également dans un village voisin un autre rééduqué, le Binoclard. Ce dernier possède des œuvres des plus grands auteurs occidentaux (comme Le Père Goriot de Balzac) dont l’impression est alors interdite. Fascinés, les jeunes gens volent la valise de livres interdits. Après avoir découvert Balzac, leur vie dans la montagne va changer. Luo décide avec ces livres de « transformer la petite tailleuse, qui ne sera plus jamais une simple montagnarde »

 

Roman d’amour, roman culturel, critique du régime totalitaire de Mao Zédong (surtout à propos des livres considérés comme réactionnaires) mais aussi autobiographie, un livre excellent où l’humour, la sensibilité et la culture empêchent de s’attarder sur l’émotion ou la tristesse, et où on ne s’ennuie jamais !

 

Balzac et la Petite Tailleuse chinoise est un roman de l’écrivain et cinéaste Dai Shiji, né en 1954 à Putian, dans la province de Fujian, en Chine.

Dai Shiji fait ses études primaires jusqu’à l’âge de douze ans. Il entre au collège en 1969. Pendant la révolution culturelle de 1966 à 1976, ses parents, médecins dits « bourgeois réactionnaires » sont mis en prison. Quant à l’auteur, il est envoyé de 1971 à 1974 dans un camp de rééducation dans un village difficile d’accès dans les montagnes de la province de Sichuan. A la mort de Mao Zédong en 1976, il entre à l’université de Pékin, suit des études d’histoire et de l’art. Puis, il fait une école de cinéma avant de réussir un concours qui lui permet de partir pour la France en 1984 et de poursuivre ses études à l’Institut des Hautes Etudes Cinématographiques (IDHEC). Il a réalisé plusieurs longs métrages, entre autres : Chine, ma douleur en 1989 ; Le mangeur de lune en 1994 ; Tang, le onzième en 1998 et Les filles du botaniste en 2006. Dai Shiji vit actuellement en France où il a notamment publié : Le complexe de Di (Prix Femina) en 2003, Par une nuit où la lune ne s’est pas levée, L’acrobatie aérienne de Confucius et Trois vies chinoises.

Balzac et la Petite Tailleuse chinoise a été adapté par son auteur au cinéma en 2002.

 

 Voir aussi : http://crdp.ac-paris.fr/parcours/index.php/category/dai

 

Dai SIJIE, Balzac et la Petite Tailleuse chinoise, Paris, Gallimard, 2000, 229 p. (Collection Folio n° 3565)

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01 avril 2012

Frédérique DEGHELT, La grand-mère de Jade (2009)

La grand-mère de Jade

Quand Jade apprend que sa grand-mère Mamoune, quatre-vingts ans, va être placée en maison de repos, elle n’écoute que son amour pour la vieille dame, l’emmène, avec le consentement de son père et la désapprobation de ses tantes, et construit avec elle son existence. Elle qui croyait connaître sa grand-mère, se remémorait avec nostalgie son enfance, identifiait entre nul autre son parfum de violettes découvre une femme remplie de la sagesse de ce qu’elle a vécu mais aussi de ce qu’elle a lu. Car Mamoune a passé son existence à lire secrètement ; dans son milieu social, peu cultivé, et à l’époque, seules quelques rares personnes auraient pu comprendre cette attirance pour les livres et leurs auteurs. Mamoune, qui s’est bien intégrée à la vie parisienne de Jade, entrevoit la possibilité grâce à ses compétences de lectrice d’aider sa petite fille dans la rédaction finale de son roman et dans sa recherche d’un éditeur. C’est au cours de ses démarches, qu’elle va rencontrer Albert, éditeur octogénaire, avec lequel elle va nouer une très belle relation sentimentale. Quant à la fin, ne comptez pas sur moi pour vous la dévoiler, mais le moins que l’on puisse en dire, c’est qu’elle  inattendue et surprenante...

Ce n’est pas le genre de livre vers lequel je serais spontanément allée mais il m’a été vivement recommandé et offert par une amie le soir de la Saint-Sylvestre. Elle m’en avait parlé avec tant de chaleur que je l’ai finalement ouvert. Début difficile : l’écriture me semblait banale, le sujet « ronron », mièvre et la relation entre Jade et Mamoune improbable, voire impossible telle qu’elle était décrite. Et puis, je me suis attachée aux personnages et de page en page, j’ai poursuivi ma lecture. J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir en Mamoune la lectrice et à observer sa petite-fille dans son rôle non plus de journaliste mais d’écrivain. Réflexions sur les rapports entre les âges, la lecture et l’écriture, le sentiment amoureux, ce roman, plus profond qu’il n’y paraît, me laisse finalement un très agréable souvenir !

 

Frédérique DEGHELT, La grand-mère de Jade, Paris, 2009, 284 p. (j’ai lu 9463)

 

La critique de Leiloona est ici.

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05 février 2012

Charles BRICMAN, Comment peut-on être belge ? (2011)

 

Numériser0001Je connaissais Charles Bricman comme journaliste, pour avoir lu ses articles dans le journal « Le Soir » dans les années ’90. Depuis 2007, il tient un blog « On a des choses à se dire » http://blog.pickme.be/ où il se fait observateur de la vie politique belge.

Talleyrand disait en 1831 : « Les événements de la Belgique sont bien compliqués ». C’est donc dans le but d’éclaircir l’histoire conflictuelle de notre jeune pays que Charles Bricman a saisi la plume, une plume claire et vive.

Le journaliste nous ramène en 1968, à l’époque du « Walen buiten », puis des gouvernements de Wilfried Maertens, du fédéralisme, du faux (et tant décrié!)  journal télévisé de 2007 qui consacrait la scission de la Belgique ; enfin, il évoque la figure d'Yves Leterme. Il tente aussi de comprendre la culture flamande et évoque les différences entre Wallons et Flamands

Même si je suis plus jeune que l’auteur, ce dernier me renvoie à mes propres souvenirs d’enfance. Le livre est limpide. Il sera lu avec un profit particulier par tous ceux que le phénomène « Belgique » intéresse et qui se sentent concernés par la longue crise qu’elle a connue depuis les dernières élections en juin 2010.

L’auteur conclut : « La Belgique est condamnée à survivre » : ses communautés sont inséparables car elles n’ont qu’un seul cœur, Bruxelles. Il assure aussi qu’entre Wallons et Flamands, il n’y a pas de haine, seulement de l’incompréhension. Puisse-t-il avoir raison ! 

Charles Bricman

Charles BRICMAN, Comment peut-on être belge ?, Paris, Flammarion, « Café Voltaire »,  2011, 128 p.

 

Elio 26 jours

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22 janvier 2012

La Doctrine pythagoricienne (2011)

Numériser0006

 

 

 

Quand j’ai choisi ce livre proposé par Babelio, j’imaginais y trouver une synthèse des connaissances que nous possédons sur les Pythagoriciens, disciples de Pythagore de Samos (VIe-Ve siècle A. C.) et membres de l’école pythagoricienne.

Le théorème de Pythagore nous a, à tous, laissé des souvenirs scolaires, cependant, Pythagore ne se disait pas mathématicien mais philosophe comme le relate Cicéron : « Un jour, dit-il (il s’agit d’Héraclite du Pont, disciple de Pythagore), Léon, roi des Phliasiens, entendit Pythagore discourir sur certains points avec tant de savoir et d'éloquence, que ce prince, saisi d'admiration, lui demanda quel était donc l'art dont il faisait profession. A quoi Pythagore répondit, qu'il n'en savait aucun ; mais qu'il était philosophe. Et sur ce, le roi, surpris de la nouveauté de ce nom, le pria de lui dire qui étaient donc les philosophes, et en quoi ils différaient des autres hommes. » 

Dans une première lecture, je n’ai pas prêté attention au sous-titre de l’ouvrage : recueil de textes. Or il a la plus grande importance. En effet, ce livre se révèle être une compilation de textes consacrés à Pythagore et à ses disciples :

  • La Vie de Pythagore d’André DACIER (1651-1722), philologue et traducteur.

La vie de Pythagore, ses symboles, ses vers dorez et la vie d'Hiéroclès d’André DACIER a été publiée en 1706 à Paris, chez Rigaud et est libre de droit. Récemment numérisée, elle peut être lue dans son intégralité sur le site de la bnf.

Dacier explique dans sa Préface qu’il a eu en mains et lu les Vies de Diogène Laërte, Jamblique et Porphyre, qu’il les a trouvées confuses et souhaite y mettre de l’ordre. Il s’agit donc d’un ensemble rédigé au XVIIIe siècle d’après des auteurs de l’Antiquité.

  • Les symboles, toujours le même Dacier.

 

  • Les Vers dorés ou Vers d’Or, attribués à LYSIS de Tarente.

L’éditeur a choisi la traduction d’André Dacier de préférence à Fabre d’Olivet qu’il estime plus facilement accessible sur internet.

Ces trois chapitres sont suivis d’une biographie d’une page d’André Dacier, où l’on apprend qu’il fut bibliothécaire du roi Louis XIV, abjura le protestantisme, choisit les Anciens dans la Querelle des Anciens et des Modernes et avait épousé une femme qui le surpassait quant à la supériorité intellectuelle (c’est l’avis de l’abbé Tallemand) et spécialiste de Sappho et d’Anacréon.

  • Le régime pythagoricien, extrait d’OVIDE.

L’éditeur reprend la harangue du livre XV des Métamorphoses qu’Ovide prête à Pythagore en faveur du végétarisme. Pas d’indication de vers précis et pas de nom de traducteur pour cet extrait !

  • Le Régime pythagoricien

L’éditeur précise que Pythagore émet ses recommandations dans le but de garder la santé du corps et la tranquillité de l’esprit qui favorisent concentration, étude et mémorisation. [Je devrais en parler à mes élèves !].

Il s’agit du texte d’Antonio COCCHI, Le Régime Pythagoricien à l’usage de la faculté de Médecine, Florence, 1743. J’ai trouvé assez facilement une traduction de 1762 sur google books.

Le livre refermé, je n’ai toujours pas compris l’intérêt de cette édition qui se présente comme des « extraits choisis » mais par qui ? Dans quel but ? Si c’est celui de faire mieux connaître les Pythagoriciens, on peut émettre des réserves sur les passages choisis.   

 

C’est pour répondre à ces questions que je me suis rendue sur le site des éditions MYOHO ; voici ce que l’on peut lire comme message d’accueil : « Notre politique éditoriale est centrée sur le développement durable et l’économie sociale et solidaire afin d’explorer les rapports des êtres humains à leur environnement naturel et humain que ce soit au niveau des choix économiques, sociaux et culturels. Cette démarche qui inclut la spiritualité, la pédagogie, la philosophie, la vie pratique et culturelle..., est notre contribution pour un monde respectueux de notre planète, de ses ressources naturelles et humaines. ». Le présent ouvrage est référencé dans la partie « spiritualité ».

 

Vous aurez compris que malgré une politique éditoriale alléchante, c’est déçue que je range ce livre inutile !

 Babelio

 

 

Tiephaine G. Szuter a été moins sévère que moi !

 

 

La Doctrine pythagoricienne. Recueil de textes. Paris, Myoho, 2011, 91 pages.

 

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15 janvier 2012

Christian JACQ, La pyramide assassinée (1993)

Numériser0005L’auteur, Christian Jacq, est un célèbre égyptologue qui, parallèlement à sa carrière universitaire, mène une carrière féconde d’auteur de romans policiers et historiques.

La pyramide assassinée est le premier roman d’une trilogie, Le Juge d’Egypte. L’histoire se déroule en Egypte sous le règne de Ramsès II. Pazair, juge à Memphis, est un homme intègre et juste. Découvrant que cinq hommes, qui formaient la garde d’honneur du Sphinx, ont été assassinés, il décide de mener plus loin ses investigations. Avec l’aide de son ami Suti, poussé par son amour pour la belle Neferet, il découvrira un complot dont l’objectif final est de renverser le pharaon… Evidemment, je n’en dirai pas davantage !

Une lecture sympathique, sans prétention, qui nous amène avec vivacité et au milieu de nombreuses aventures au sein de la culture égyptienne de la XIXème dynastie au XIVème siècle avant notre ère.

Christian JACQ, La pyramide assassinée, Paris, 1993 (Pocket n°4189).

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10 juillet 2011

David FOENKINOS, La délicatesse (2009)

la délicatesseIl y a quelques semaines que j’ai refermé « La délicatesse », roman de l’auteur qui monte, David Foenkinos et me voilà bien embarrassée au moment d’en parler. Ce n’est pas que j’aie détesté ! J’ai même plutôt passé un moment agréable en compagnie de Nathalie qui se remet difficilement du décès accidentel de son époux, est courtisée par son patron et retrouve goût à la vie dans les bras de Markus, un collègue. Une situation tragique, triangulaire, banale, la vie de tous les jours, le tout sur un ton léger et délicat jusqu’à l’inconsistance. J’aime beaucoup l’écriture de Foenkinos, qui agit par petites touches subtiles. Mais je dois bien avouer qu’il ne me reste rien de cette lecture… Je vais sans nul doute paraître bien sévère à ses nombreuses admiratrices (car David Foenkinos a beaucoup de succès auprès des lectrices) et en particulier à ma fille qui m’en avait suggéré la lecture et en avait fait un compte-rendu élogieux mais pas de quoi y passer une nuit blanche !



 

David FOENKINOS, La délicatesse, Paris, 2009, 210 p. (folio 5177)





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09 janvier 2011

Patrick ROEGIERS, La spectaculaire histoire des Belges (2009)

la_spectaculaire_histoire_des_BelgesJ’avais envie de lire un ouvrage de Patrick Roegiers, écrivain belge à propos duquel j’avais trouvé, je ne sais plus où, une élogieuse critique. Mon choix s’était porté sur « La Belgique, le roman d’un pays », publié en 2005 chez Gallimard. Quand j’ai voulu l’acquérir, il ne se trouvait pas en rayons et j’ai pensé que « La spectaculaire histoire des rois des Belges » pourrait faire l’affaire !

Autant être directe : l’ouvrage ne m’a pas complètement plu. Cependant ma lecture avait bien commencé avec le premier chapitre : « L’avènement de Léopold I ». La vie triste de ce roi méconnu m’a touchée. J’ai appris qu’il avait fière allure, était cultivé et assez raide de comportement et d’idées. Mais il va guider la jeune Belgique vers l’équilibre et la prospérité. Sévère et clairvoyant, il gère « la boutique » pendant plus de trente ans. J’ai également découvert la personnalité de notre roi Léopold II, le bâtisseur à qui notre capitale doit tant au point de vue architectural : la tour japonaise, le pavillon chinois, le Cinquantenaire, l’avenue Louise. Je l’imagine mal en tricycle sur la digue d’Ostende mais plus facilement brisé par la mort de son fils unique et héritier. Je savais que ses relations étaient tendues avec ses filles sauf Clémentine (mais l’auteur semble les mettre toutes dans le même sac ! cf. p. 134). Et puis il y a le Congo auquel il sacrifie tout !

C’est à partir de « L’épopée d’Albert Ier » que j’ai commencé à me lasser de ce livre, probablement parce que l’histoire m’est bien connue mais aussi parce que l’auteur insiste beaucoup sur l’aspect « people » des situations. Albert Ier, le roi vainqueur, Elisabeth qui préfère son aîné au prince Charles qui a pourtant « sauvé le brol », Léopold III le méchant et Liliane, l’abominable marâtre qui, quittant Laeken,  emmène tous les meubles, Baudouin le prince triste, orphelin, dont la jeunesse est marquée par la guerre et la question royale, et la vie d’homme et de roi par l’absence d’héritier et enfin le joyeux Albert.

Tout cela est connu, disséqué dans les « Paris Match » et autres magazines… Patrick Roegiers fait un travail de journaliste et certainement pas d’historien, ce n’était pas son intention, mais cela aboutit à un roman feuilleton rempli de ragots royaux qu’il décrie mais ne peut s’empêcher de nous livrer et où se glissent malheureusement quelques erreurs…

Patrick Roegiers a lui-même sous-titré son livre roman-feuilleton, ce qui lui permet, j’imagine, de laisser libre cours à ses sentiments : il n’aime pas la reine Elisabeth, froide et raide, réhabilite le régent Charles, si mal aimé par sa mère, affirme qu’Astrid n’était pas « si belle qu’on le dit » et nous explique comment Léopold II protégeait sa barbe de la pluie.  

Mais, à la réflexion, plus que le contenu du livre, c’est l’écriture de Patrick Roegiers que je trouve lassante, ses jeux de mots, polyptotes et allitérations continuelles dont voici deux exemples à propos de l’impossibilité de régner de Baudouin en 1990 : « Cette loi « infâme » est « infamante » (p. 307) et « Tout de même. Ce retrait de trente-six heures, quel coït interrompu ! Et sur quoi débouche-t-il ? Sur l’interruption volontaire de régner si proche dans sa formulation de l’interruption volontaire de grossesse. » (p. 311).

L’auteur

Patrick Roegiers est un écrivain belge, né à Ixelles en 1947. Il quitte la Belgique en 1983 pour s’installer à Paris où il fut de 1985 à 1992, critique photographique au « Monde ». Il est l’auteur d’une trentaine de livres (romans, ouvrages sur la photographie, recueil de poèmes, …)

Patrick ROEGIERS, La spectaculaire histoire des rois des Belges, Paris, Perrin, 2009, 461 p.

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02 janvier 2011

Alexis CURVERS, Tempo di Roma (1957)

Num_riser0030Il y a 25 ans que j’avais décidé de lire « Tempo di Roma » : c’était en 1985 à la suite de la réédition du roman, introuvable depuis les années 60. La parution de ce succès de l’année 1957, Prix Sainte-Beuve, dans une nouvelle collection de Robert Laffont « La Bibliothèque Romanesque » avait été saluée unanimement par la critique (j’ai conservé les coupures de journaux).

Il y a 25 ans aussi que j’en ai commencé et abandonné la lecture pour la reprendre récemment dans la foulée d’un voyage à Rome. Et pour en rester complètement subjuguée…

Le héros, Jimmy, erre en Italie. De Milan, il arrive à Rome et, par un merveilleux hasard, trouve un logement au-dessus d’un garage et un emploi de guide touristique. C’est ainsi qu’il découvre la Ville Eternelle, Rome, qui le baigne dans une ivresse constante : Pour moi, Rome tout entière ressemblait à une femme couchée dans une vasque de marbre et qui, s’appuyant tantôt sur un coude, tantôt sur l’autre, lève incessamment l’une ou l’autre main vers l’azur (p. 113). A cette Rome, il donne très vite le visage de Géronima qui n’espère de la vie que le mariage avec son Jimmy.

Jimmy fréquente toutes les classes de la société romaine : la haute bourgeoisie dans laquelle il a été introduit par son ami raffiné et esthète Sir Craven, comme ses pairs, une faune qui vit de menus larcins…

Bientôt l’obligation se présente à lui de passer un examen de guide touristique. Ce n’est pas son souhait mais, poussé par sa belle-mère et son ami Sir Craven, il obtient, tant par ses connaissances historiques et artistiques que par les relations qui ont bien voulu jouer pour lui, le fameux papier qui lui permettra de garder son emploi.

Le jour même se produit un drame : au cours d’une fête organisée par un petit groupe d’aristocrates, Sir Craven est tué par accident. Et l’homosexualité du défunt, la marginalité de leur entourage, le fait qu’il est étranger font de Jimmy un suspect parfait.

Jimmy est bientôt relâché, enrichi de la fortune de son ami. Je lui dois tout. Je lui dois Rome. Il m’a ouvert les portes de la ville et celles de la vie, dit Jimmy à propos de Sir Craven (p. 342). Marginal il était, marginal il restera. Le livre se termine dans un train : Jimmy n’a plus sa place à Rome. Libre, sans attache, il cherche autour de lui, une autre bulle de savon, un autre présage

Hubert Juin écrivait : Je ne crois pas que depuis Stendhal, on ait aussi bien parlé de Rome que dans « Tempo di Roma ». Mais la filiation peut remonter bien plus tôt : l’idée de soleil, de bonhomie, de liberté, de festivités, de la bulle de savon, de l’amitié-amour homosexuel mais surtout de moments entremêlés et de parcours initiatique nous relie avec le fameux « Satiricon » de Pétrone (Ier s. P. C.) et Fellini qui en a signé l’adaptation cinématographique.

A côté de cette Rome éternelle, il y a celle d’après-guerre qui se réveille après les années du fascisme qui l’ont si douloureusement meurtrie : Car, parmi les autres arts où elle excelle, l’Italie bavarde pratiquait avec une suprême virtuosité celui des silences. On n’abordait pas certains sujets. Le nom de Mussolini était devenu imprononçable comme celui d’un général chinois, son histoire était plus effacée que la légende même de Numa Pompilius, et quant à sa mort, -ah ! oui, tiens donc, c’est vrai, il était mort. On célébrait la glorieuse mémoire des partisans que les Allemands avaient fusillés, mais des dizaines de milliers de fascistes ou prétendus tels étaient morts assassinés sans laisser apparemment la moindre trace dans l’esprit du public. Spoliations, trahisons, vengeances, tout était oublié. Parfois, du fond de l’oubli et du silence, un cri de haine venait troubler le monotone concert des voix bien pensantes ; j’entrevoyais des yeux brûlants, un visage crispé, un geste d’impuissante révolte ; mais bientôt la vérité scandaleuse était refoulée dans l’ombre et tout retombait dans une implacable sérénité (p. 129).

Si vous connaissez un peu l’Urbs, si vous l’aimez d’amour, vous serez touché par cette évocation de la piazza del Popolo (p. 40) : A l’ombre, à côté du Pincio, des femmes assises sur des pliants tricotaient en jacassant avec dignité, cependant que la marmaille voltigeait sur les marches de Santa Maria del Popolo ou grimpait à l’assaut du groupe de statues blanches qui, le dos au mur, sous les frondaisons étagées du jardin, gardait la pose d’un quadrige prêt à s’élancer dans le cirque mais immobilisé soudain par une aveuglante lumière.

Comme il a une multiplicité de Rome, il y a, à ce roman, une multiplicité de lectures : guide touristique, roman, espace onirique, mythologique, le tout dans une langue pétillante et sans entrave et… le charme de la flânerie.

L’auteur :

Alexis Curvers, né à Liège en 1906, est philologue classique de l’ULg. Il abandonne très vite l’enseignement pour se consacrer à l’écriture : Printemps chez des ombres (1939), La Famille Passager (1942),… Il reçoit en 1960 le prix littéraire Prince Pierre de Monaco pour l’ensemble de son œuvre. Epoux de l’helléniste Marie Delcourt, il se consacre, après son décès en 1979, à la réédition des œuvres de cette dernière. Il meurt en 1992.

Alexis CURVERS, Tempo di Roma, Paris, Robert Laffont, 1957 (réédition de 1985), 355 p.

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19 décembre 2010

Vincent ENGEL, Le mariage de Dominique Hardenne (2010)

9782709635561Et si, à la suite d’une bombe atomique, la terre entière se trouvait dévastée… Et si vous étiez le dernier survivant ? Que feriez-vous ? Dominique Hardenne rentre de la guerre, il a perdu ses amis de combat, il retrouve son village où tous les habitants sont morts. Il veut survivre, reconstruire mais sombre peu à peu dans la folie…

J’ai retrouvé Vincent Engel dont les romans m’ont souvent séduite et particulièrement « La peur du paradis » et « Mon voisin, c’est quelqu’un ». Son écriture est toujours aussi belle mais c’est le thème choisi qui ne m’a pas conquise. Vincent Engel nous conte, en suivant les saisons, une année dans la vie de Dominique Hardenne. On assiste à la lente descente du personnage dans la folie. Revenu dans son village, seul survivant, il retrouve ses parents, ses amis, celle qu’il aimait, morts. Et il va alors se construire une vie qui est celle qu’il aurait voulu vivre : travaillant la terre, marié avec Nathalie qu’il aimait tant et l’avait tant fait souffrir, des enfants, élu maire du village et apprécié de tous, lui qu’on devine, timide et renfermé jadis, et peu instruit. Le rythme du livre est très lent, avec peu d’action, uniquement centré sur les pensées de Dominique Hardenne.

Même si le roman se termine sur de l’espoir, l’apparition d’une fourmi, signe de la vie qui recommence, le livre confine au cauchemar et j’ai eu de nombreuses fois l’envie de le refermer prématurément !

Merci à Babelio de m’avoir permis de lire ce livre !

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19 septembre 2010

Pieter ASPE, Chaos sur Bruges (1996)

Chaos_sur_BrugesAprès le Carré de la vengeance, j’ai retrouvé le commissaire Van In dans une enquête qu’il mène à nouveau à Bruges autour de la destruction de la statue du poète néerlandophone Guido Gezelle. C’est le beffroi qui est à présent l’objet des menaces des malfrats mais Van In, entre deux bières, veille…

Pieter ASPE, Chaos sur Bruges (Le Livre de Poche 31803), Paris, Albin Michel, 2008 pour la traduction française

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12 septembre 2010

Irène NEMIROVSKY, Le Bal (1930)

Le_bal_couvM. et Mme Kampf sont passés, il y a peu, de la gêne à l’opulence. Ils décident de donner un bal pour étaler leur récente richesse. Antoinette, leur fille de quatorze ans, rêve d’y assister mais sa mère lui oppose un refus catégorique !

Plus que de vengeance, il est question des relations d’une mère et de sa fille. Mme Kampf, tout à sa nouvelle situation, délaisse l’adolescente qui la considère de plus en plus comme une bourgeoise sotte et ridicule.

C’est court mais tout est dit ! C’est à la fois terriblement drôle et terriblement cruel. C’est un petit chef d’œuvre !

L’auteur :

Irène Némirovsky, née à Kiev en 1903 et décédée à Auschwitz en 1942 est une romancière russe (Ukraine) de langue française.

Elle est le seul écrivain à avoir reçu le prix Renaudot à titre posthume (Suite française, 2004)





Irène NEMIROVSKY, Le Bal (Les Cahiers Rouges), Paris, Grasset, 20072, 120 p.

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05 septembre 2010

Armel JOB, Les fausses innocences (2005)

FaussesRoger Müller, maçon et bourgmestre de Niederfield, rencontre au bord de la route, un samedi soir de pluie et de tempête, le médecin de la commune, Joseph Stembert qui vient d’être victime d’un accident de voiture. Stembert, effondré, avoue à Müller qu’il vient de quitter sa femme Mathilda et qu’il part rejoindre sa maîtresse en Allemagne. Mais depuis toujours, Roger Müller aime passionnément et en secret Mathilda ; il oblige donc le médecin à regagner le domicile conjugal. Le lundi matin, Mathilda Stembert vient déclarer le décès de son mari…

Le livre d’Armel Job qui mérite bien tous ses prix, se déroule en Belgique, dans ce territoire qu’on appelle « pays rédimés » ou « cantons de l’est » et qui longe la frontière allemande. L’auteur évoque les magnifiques paysages de cette région. Mais il n’y a de descriptions que ce qu’il faut pour planter le décor. Pas un seul mot n’est de trop dans ce roman, tout y est pensé, pesé, ciselé. Armel Job a le souci d’amener petit à petit le lecteur à la fin qu’il a décidée... Et c’est sans prendre conscience qu’elles sont cruciales que l’on reçoit les informations !

Joseph Stembert est mort, Mathilda l’a tué, c’est du moins ce que va conclure Roger Müller. Il n’aura de cesse de protéger la jeune femme avec l’espoir inouï de voir ses sentiments payés de retour.

Ce roman nous montre jusqu’où on peut aller par amour : que ce soit Roger, Wanda, l’amie de Roger ou sa mère, tous vont agir avec ce seul et même moteur dans un univers de ressentiments et de secrets.

Je n’ajouterai que ceci : la fin n’est pas celle que l’on imagine !



Armel JOB, Les fausses innocences, Bruxelles, Memor, 2007, 172 p. (nouvelle édition; le livre est paru initialement en 2005 chez Robert Laffont).

Voir le site de la Communauté française.





L’auteur :

Armel Job est un écrivain belge, né en 1948. Il est directeur honoraire de l’Institut Notre-Dame Séminaire de Bastogne.

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29 août 2010

Cyril ALDRED, Les Egyptiens au temps des Pharaons (1965)

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Cyril Aldred est un égyptologue anglais (1914-1991), auteur de nombreux ouvrages, qui a travaillé au Departement of Egyptian Art du Metropolitan Museum of Art.

Il nous livre ici une très belle synthèse de l’Egypte des Pharaons. Débutant par l’histoire de la découverte de l’Egypte depuis le XVIIIe siècle, continuant par les lieux et les ressources naturelles, il dresse ensuite un panorama de l’histoire égyptienne (Ancien Empire, Moyen Empire, Nouvel Empire, puis Basse Epoque) en citant les courants, les événements et les pharaons les plus marquants. Il termine par un chapitre sur la société égyptienne et livre quelques réflexions sur le mode de vie égyptien. Dans cette dernière partie, l’auteur insiste vivement sur l’état d’équilibre ou harmonie du cosmos réalisé par Maât, « ordre, vérité, justice » et sur l’importance que l’Egyptien vive une vie bonne, c’est-à-dire réalise maât.

C’est, à mon sens, un livre de base car il permet de se faire une idée très générale mais excellente de la vie égyptienne à l’époque des pharaons. Je me félicite d’avoir entamé par cet ouvrage mes lectures consacrées à l’Egypte (dans la perspective d’un voyage dans la région thébaine, avec des élèves, en novembre). Bien sûr, il a son âge et l’égyptologie a connu de nombreux progrès et découvertes depuis 45 ans mais il reste néanmoins une excellente introduction.

Cyril Aldred, Les Egyptiens au temps des Pharaons (Mondes Anciens, 8), Paris, Arthaud, 1965. 

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18 février 2010

Pieter ASPE, Le carré de la Vengeance (1995/ 2008)

9782253127031Il ya  bien longtemps que je n’avais pas eu en mains un « policier ». J’ai eu ma période « Hercule Poirot », « Maigret », « Juge Ti » de Robert Van Gulik, et voici maintenant Pieter Aspe et son commissaire Van In.

« Le Carré de la Vengeance » est le premier volet de la série. Ce carré n’est autre que le fameux carré magique « rotas opera tenet arepo sator » qui dans l’intrigue, représente une signature et permet au coupable de se faire reconnaître de sa victime…

A l’aide de « Duvel » et de cigarettes, épaulé par la substitut du Procureur du Roi, la très jolie Hannelore Martens, le commissaire Van In va résoudre l’affaire du cambriolage de la bijouterie Degroof et de l’enlèvement du petit-fils de ce bourgeois de Bruges.

Car voilà qui ne gâte rien, l’affaire se déroule à Bruges et Pieter Aspe est le pseudonyme de Pieter Aspeslag, auteur belge, né à Bruges en 1953.

Et tout va bien, puisque j’ai repéré d’autres titres du même auteur : « Chaos sur Bruges », « Les Masques de la Nuit » et « La Quatrième Forme de Satan ».

Peut-être y en a-t-il encore d’autres ? Je cours mener l’enquête !

PieterAspe



Pieter ASPE, Le Carré de la Vengeance, Paris, Albin Michel, 2008 (pour la traduction française), 2009 (dans Le Livre de Poche 31614) et 1995 (pour la parution en néerlandais het vierkant van de wraak, Uitgeverij Manteau/ Standaard Uitgeverij)

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11 février 2010

Laurent GAUDE, La mort du roi Tsongor (2002)

tsongorJe n’avais encore rien lu du parisien Laurent Gaudé, Prix Goncourt 2004 pour « Le soleil des Scorta ».

« La mort du roi Tsongor » est paru en 2002 et a  valu à son auteur d’être cité pour le Goncourt mais, surtout, de recevoir deux récompenses : le prix Goncourt des lycéens 2002 et le Prix des librairies 2003.

Autant le dire tout de suite : j’ai a-do-ré !

Dans le royaume imaginaire de Massaba construit sur les décombres laissés après vingt ans de guerre, c’est la fête : la fille du roi Tsongor, Samilia, épouse le roi du sel.

Mais au premier jour des réjouissances prévues, un deuxième prétendant surgit…

Lutte fratricide pour le pouvoir, lutte pour une femme, construction des sept tombeaux du roi Tsongor, guerre, combat, mort, tels sont les ingrédients qui font de ce roman, un roman épique, un récit passionnant digne de ceux de l’histoire antique…

Je n’en dis pas plus. A vous de découvrir les personnages de Katabolonga, Samilia, Souba, Kouame, Sango Kerim et leur roi, Tsongor.

Laurent GAUDE, La mort du roi Tsongor, Arles, Actes Sud, 2002

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