Le_Pays_sans_AdultesSlimane a onze ans, un frère Maxence qui représente tout pour lui, une mère qui travaille comme femme de ménage dans un hôtel et un père qu’il a surnommé « le Démon » parce que, quand il est en colère, il cogne…

Maxence et Slimane sont deux de ces enfants à qui leur père a volé leur enfance. Maltraités physiquement et psychiquement, il parviennent longtemps à développer le don précieux de magnifier la vie et de la rendre plus belle. Mais à ce jeu, le Démon sera le plus fort… pour un temps !

J’ai vraiment pleuré avec Maxence et Slimane. Quand le démon a trouvé du travail dans son costume de dimanche, j’ai aussi espéré avec eux que tout pouvait encore s’arranger…

Mais, un jour, Maxence n’a plus supporté la violence du Démon et la soumission de sa mère. Il s’est envolé au Pays sans Adultes… Slimane a voulu le rejoindre… Il va devoir apprendre à avoir envie de vivre…

Il y a beaucoup de poésie sous la noirceur qui se dégage de ce roman… Quelle fraîcheur se dégage des paroles de ces deux enfants maltraités !

- Max, ça vient d'où, l'amour?

- Normalement, c'est fourni à la naissance.

- Tu veux dire, comme une graine qu'on a plantée ?

- En quelque sorte.

- Et l'amour, ça va où?

- Ça allume des étoiles dans le ciel.

- Est-ce que si quelqu'un mangeait des étoiles, ça lui mettrait de l'amour dans le cœur?

- Peut-être.

- Il faudrait qu'on en donne au Démon, alors.

- Lui, pour que ça marche, il faudrait dévaliser le ciel et lui donner à manger toutes les étoiles de la galaxie.

- L'ennui, c'est qu'il y en aurait plus pour les autres, après. (p. 105)

La tristesse qui se dégage de se livre m’a fait verser de vraies larmes, la lente remontée de Slimane après sa tentative de suicide m’a touchée. Mais ce roman ne sonne pas tout à fait juste. Car on voudrait que toutes les histoires de maman et d’enfants battus se terminent comme celle-ci ! On voudrait qu’à Paris il y ait de gentilles dames qui s’inquiètent d’un enfant seul ! On voudrait que les « bons » soient récompensés de leur bonté et que les « méchants » sont châtiés ou, comme ici, soignés et pris en charge ! On voudrait que tous les enfants atteints d’un cancer s’en sortent ! Je crains que cela ne se passe pas toujours ainsi dans la vraie vie !

Malgré le côté mièvre, le lecteur est satisfait en refermant son livre : il a passé un agréable moment et est rassuré sur l’avenir de Slimane !

Je remercie vivement les Editions Anne Carrière et Chez les filles de m’avoir permis de lire ce livre.


Chez_les_filles


L’auteur : Ondine Khayat est née en 1974, d’une mère française et d’un père libanais et arménien. « Le Pays sans Adultes » est son deuxième roman.


Ondine KHAYAT, Le Pays sans Adultes, Paris, Editions Anne Carrière, 2008, 335 p.