la_spectaculaire_histoire_des_BelgesJ’avais envie de lire un ouvrage de Patrick Roegiers, écrivain belge à propos duquel j’avais trouvé, je ne sais plus où, une élogieuse critique. Mon choix s’était porté sur « La Belgique, le roman d’un pays », publié en 2005 chez Gallimard. Quand j’ai voulu l’acquérir, il ne se trouvait pas en rayons et j’ai pensé que « La spectaculaire histoire des rois des Belges » pourrait faire l’affaire !

Autant être directe : l’ouvrage ne m’a pas complètement plu. Cependant ma lecture avait bien commencé avec le premier chapitre : « L’avènement de Léopold I ». La vie triste de ce roi méconnu m’a touchée. J’ai appris qu’il avait fière allure, était cultivé et assez raide de comportement et d’idées. Mais il va guider la jeune Belgique vers l’équilibre et la prospérité. Sévère et clairvoyant, il gère « la boutique » pendant plus de trente ans. J’ai également découvert la personnalité de notre roi Léopold II, le bâtisseur à qui notre capitale doit tant au point de vue architectural : la tour japonaise, le pavillon chinois, le Cinquantenaire, l’avenue Louise. Je l’imagine mal en tricycle sur la digue d’Ostende mais plus facilement brisé par la mort de son fils unique et héritier. Je savais que ses relations étaient tendues avec ses filles sauf Clémentine (mais l’auteur semble les mettre toutes dans le même sac ! cf. p. 134). Et puis il y a le Congo auquel il sacrifie tout !

C’est à partir de « L’épopée d’Albert Ier » que j’ai commencé à me lasser de ce livre, probablement parce que l’histoire m’est bien connue mais aussi parce que l’auteur insiste beaucoup sur l’aspect « people » des situations. Albert Ier, le roi vainqueur, Elisabeth qui préfère son aîné au prince Charles qui a pourtant « sauvé le brol », Léopold III le méchant et Liliane, l’abominable marâtre qui, quittant Laeken,  emmène tous les meubles, Baudouin le prince triste, orphelin, dont la jeunesse est marquée par la guerre et la question royale, et la vie d’homme et de roi par l’absence d’héritier et enfin le joyeux Albert.

Tout cela est connu, disséqué dans les « Paris Match » et autres magazines… Patrick Roegiers fait un travail de journaliste et certainement pas d’historien, ce n’était pas son intention, mais cela aboutit à un roman feuilleton rempli de ragots royaux qu’il décrie mais ne peut s’empêcher de nous livrer et où se glissent malheureusement quelques erreurs…

Patrick Roegiers a lui-même sous-titré son livre roman-feuilleton, ce qui lui permet, j’imagine, de laisser libre cours à ses sentiments : il n’aime pas la reine Elisabeth, froide et raide, réhabilite le régent Charles, si mal aimé par sa mère, affirme qu’Astrid n’était pas « si belle qu’on le dit » et nous explique comment Léopold II protégeait sa barbe de la pluie.  

Mais, à la réflexion, plus que le contenu du livre, c’est l’écriture de Patrick Roegiers que je trouve lassante, ses jeux de mots, polyptotes et allitérations continuelles dont voici deux exemples à propos de l’impossibilité de régner de Baudouin en 1990 : « Cette loi « infâme » est « infamante » (p. 307) et « Tout de même. Ce retrait de trente-six heures, quel coït interrompu ! Et sur quoi débouche-t-il ? Sur l’interruption volontaire de régner si proche dans sa formulation de l’interruption volontaire de grossesse. » (p. 311).

L’auteur

Patrick Roegiers est un écrivain belge, né à Ixelles en 1947. Il quitte la Belgique en 1983 pour s’installer à Paris où il fut de 1985 à 1992, critique photographique au « Monde ». Il est l’auteur d’une trentaine de livres (romans, ouvrages sur la photographie, recueil de poèmes, …)

Patrick ROEGIERS, La spectaculaire histoire des rois des Belges, Paris, Perrin, 2009, 461 p.