La grand-mère de Jade

Quand Jade apprend que sa grand-mère Mamoune, quatre-vingts ans, va être placée en maison de repos, elle n’écoute que son amour pour la vieille dame, l’emmène, avec le consentement de son père et la désapprobation de ses tantes, et construit avec elle son existence. Elle qui croyait connaître sa grand-mère, se remémorait avec nostalgie son enfance, identifiait entre nul autre son parfum de violettes découvre une femme remplie de la sagesse de ce qu’elle a vécu mais aussi de ce qu’elle a lu. Car Mamoune a passé son existence à lire secrètement ; dans son milieu social, peu cultivé, et à l’époque, seules quelques rares personnes auraient pu comprendre cette attirance pour les livres et leurs auteurs. Mamoune, qui s’est bien intégrée à la vie parisienne de Jade, entrevoit la possibilité grâce à ses compétences de lectrice d’aider sa petite fille dans la rédaction finale de son roman et dans sa recherche d’un éditeur. C’est au cours de ses démarches, qu’elle va rencontrer Albert, éditeur octogénaire, avec lequel elle va nouer une très belle relation sentimentale. Quant à la fin, ne comptez pas sur moi pour vous la dévoiler, mais le moins que l’on puisse en dire, c’est qu’elle  inattendue et surprenante...

Ce n’est pas le genre de livre vers lequel je serais spontanément allée mais il m’a été vivement recommandé et offert par une amie le soir de la Saint-Sylvestre. Elle m’en avait parlé avec tant de chaleur que je l’ai finalement ouvert. Début difficile : l’écriture me semblait banale, le sujet « ronron », mièvre et la relation entre Jade et Mamoune improbable, voire impossible telle qu’elle était décrite. Et puis, je me suis attachée aux personnages et de page en page, j’ai poursuivi ma lecture. J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir en Mamoune la lectrice et à observer sa petite-fille dans son rôle non plus de journaliste mais d’écrivain. Réflexions sur les rapports entre les âges, la lecture et l’écriture, le sentiment amoureux, ce roman, plus profond qu’il n’y paraît, me laisse finalement un très agréable souvenir !

 

Frédérique DEGHELT, La grand-mère de Jade, Paris, 2009, 284 p. (j’ai lu 9463)

 

La critique de Leiloona est ici.