Balzac et la Petite Tailleuse chinoise

 

 -Elle est partie, lui dis-je.

-Elle veut aller dans une grande ville, me dit-il. Elle m’a parlé de Balzac.

-Et alors ?

-Elle m’a dit que Balzac lui a fait comprendre une chose : la beauté d’une femme est un trésor qui n’a pas de prix.

 

Le roman se déroule en Chine, à l’époque de la révolution culturelle initiée par Mao Zedong, le Grand Timonier. Deux jeunes amis de la ville, considérés comme intellectuels (car fils de famille de médecins) et ennemis du peuple, d’environ dix-huit ans, sont envoyés en rééducation dans un village de montagne du Phénix du ciel, avec « trois chances sur mille » d’en réchapper un jour. Ils se connaissent depuis l’enfance et ne se sont jamais disputés.

La vie dans la montagne est très difficile pour eux. Ils doivent effectuer des tâches pénibles, travailler dans des mines ou labourer des rizières sous un soleil brûlant mais cela ne leur empêche pas de s’illustrer par leurs talents de conteurs.

Un jour, les deux amis font la rencontre d’une jolie fille montagnarde sans aucune culture, surnommée « la petite tailleuse ». Très vite, ils en tombent  amoureux, mais le narrateur voue une telle loyauté à son ami Luo qu’il gardera pour lui le secret de leur amour.  Les deux garçons rencontrent également dans un village voisin un autre rééduqué, le Binoclard. Ce dernier possède des œuvres des plus grands auteurs occidentaux (comme Le Père Goriot de Balzac) dont l’impression est alors interdite. Fascinés, les jeunes gens volent la valise de livres interdits. Après avoir découvert Balzac, leur vie dans la montagne va changer. Luo décide avec ces livres de « transformer la petite tailleuse, qui ne sera plus jamais une simple montagnarde »

 

Roman d’amour, roman culturel, critique du régime totalitaire de Mao Zédong (surtout à propos des livres considérés comme réactionnaires) mais aussi autobiographie, un livre excellent où l’humour, la sensibilité et la culture empêchent de s’attarder sur l’émotion ou la tristesse, et où on ne s’ennuie jamais !

 

Balzac et la Petite Tailleuse chinoise est un roman de l’écrivain et cinéaste Dai Shiji, né en 1954 à Putian, dans la province de Fujian, en Chine.

Dai Shiji fait ses études primaires jusqu’à l’âge de douze ans. Il entre au collège en 1969. Pendant la révolution culturelle de 1966 à 1976, ses parents, médecins dits « bourgeois réactionnaires » sont mis en prison. Quant à l’auteur, il est envoyé de 1971 à 1974 dans un camp de rééducation dans un village difficile d’accès dans les montagnes de la province de Sichuan. A la mort de Mao Zédong en 1976, il entre à l’université de Pékin, suit des études d’histoire et de l’art. Puis, il fait une école de cinéma avant de réussir un concours qui lui permet de partir pour la France en 1984 et de poursuivre ses études à l’Institut des Hautes Etudes Cinématographiques (IDHEC). Il a réalisé plusieurs longs métrages, entre autres : Chine, ma douleur en 1989 ; Le mangeur de lune en 1994 ; Tang, le onzième en 1998 et Les filles du botaniste en 2006. Dai Shiji vit actuellement en France où il a notamment publié : Le complexe de Di (Prix Femina) en 2003, Par une nuit où la lune ne s’est pas levée, L’acrobatie aérienne de Confucius et Trois vies chinoises.

Balzac et la Petite Tailleuse chinoise a été adapté par son auteur au cinéma en 2002.

 

 Voir aussi : http://crdp.ac-paris.fr/parcours/index.php/category/dai

 

Dai SIJIE, Balzac et la Petite Tailleuse chinoise, Paris, Gallimard, 2000, 229 p. (Collection Folio n° 3565)