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Quand j’ai choisi ce livre proposé par Babelio, j’imaginais y trouver une synthèse des connaissances que nous possédons sur les Pythagoriciens, disciples de Pythagore de Samos (VIe-Ve siècle A. C.) et membres de l’école pythagoricienne.

Le théorème de Pythagore nous a, à tous, laissé des souvenirs scolaires, cependant, Pythagore ne se disait pas mathématicien mais philosophe comme le relate Cicéron : « Un jour, dit-il (il s’agit d’Héraclite du Pont, disciple de Pythagore), Léon, roi des Phliasiens, entendit Pythagore discourir sur certains points avec tant de savoir et d'éloquence, que ce prince, saisi d'admiration, lui demanda quel était donc l'art dont il faisait profession. A quoi Pythagore répondit, qu'il n'en savait aucun ; mais qu'il était philosophe. Et sur ce, le roi, surpris de la nouveauté de ce nom, le pria de lui dire qui étaient donc les philosophes, et en quoi ils différaient des autres hommes. » 

Dans une première lecture, je n’ai pas prêté attention au sous-titre de l’ouvrage : recueil de textes. Or il a la plus grande importance. En effet, ce livre se révèle être une compilation de textes consacrés à Pythagore et à ses disciples :

  • La Vie de Pythagore d’André DACIER (1651-1722), philologue et traducteur.

La vie de Pythagore, ses symboles, ses vers dorez et la vie d'Hiéroclès d’André DACIER a été publiée en 1706 à Paris, chez Rigaud et est libre de droit. Récemment numérisée, elle peut être lue dans son intégralité sur le site de la bnf.

Dacier explique dans sa Préface qu’il a eu en mains et lu les Vies de Diogène Laërte, Jamblique et Porphyre, qu’il les a trouvées confuses et souhaite y mettre de l’ordre. Il s’agit donc d’un ensemble rédigé au XVIIIe siècle d’après des auteurs de l’Antiquité.

  • Les symboles, toujours le même Dacier.

 

  • Les Vers dorés ou Vers d’Or, attribués à LYSIS de Tarente.

L’éditeur a choisi la traduction d’André Dacier de préférence à Fabre d’Olivet qu’il estime plus facilement accessible sur internet.

Ces trois chapitres sont suivis d’une biographie d’une page d’André Dacier, où l’on apprend qu’il fut bibliothécaire du roi Louis XIV, abjura le protestantisme, choisit les Anciens dans la Querelle des Anciens et des Modernes et avait épousé une femme qui le surpassait quant à la supériorité intellectuelle (c’est l’avis de l’abbé Tallemand) et spécialiste de Sappho et d’Anacréon.

  • Le régime pythagoricien, extrait d’OVIDE.

L’éditeur reprend la harangue du livre XV des Métamorphoses qu’Ovide prête à Pythagore en faveur du végétarisme. Pas d’indication de vers précis et pas de nom de traducteur pour cet extrait !

  • Le Régime pythagoricien

L’éditeur précise que Pythagore émet ses recommandations dans le but de garder la santé du corps et la tranquillité de l’esprit qui favorisent concentration, étude et mémorisation. [Je devrais en parler à mes élèves !].

Il s’agit du texte d’Antonio COCCHI, Le Régime Pythagoricien à l’usage de la faculté de Médecine, Florence, 1743. J’ai trouvé assez facilement une traduction de 1762 sur google books.

Le livre refermé, je n’ai toujours pas compris l’intérêt de cette édition qui se présente comme des « extraits choisis » mais par qui ? Dans quel but ? Si c’est celui de faire mieux connaître les Pythagoriciens, on peut émettre des réserves sur les passages choisis.   

 

C’est pour répondre à ces questions que je me suis rendue sur le site des éditions MYOHO ; voici ce que l’on peut lire comme message d’accueil : « Notre politique éditoriale est centrée sur le développement durable et l’économie sociale et solidaire afin d’explorer les rapports des êtres humains à leur environnement naturel et humain que ce soit au niveau des choix économiques, sociaux et culturels. Cette démarche qui inclut la spiritualité, la pédagogie, la philosophie, la vie pratique et culturelle..., est notre contribution pour un monde respectueux de notre planète, de ses ressources naturelles et humaines. ». Le présent ouvrage est référencé dans la partie « spiritualité ».

 

Vous aurez compris que malgré une politique éditoriale alléchante, c’est déçue que je range ce livre inutile !

 Babelio

 

 

Tiephaine G. Szuter a été moins sévère que moi !

 

 

La Doctrine pythagoricienne. Recueil de textes. Paris, Myoho, 2011, 91 pages.

 

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